Pour un printemps sans pesticide.

Lundi 23 mars, j’ai organisé au Sénat un colloque consacré à l’interdiction des pesticides de synthèse. Cette soirée a rassemblé associations, scientifiques, juristes et citoyens engagés, dont les Coquelicots de Paris. L’occasion de faire dialoguer les expertises et visibiliser celles et ceux qui, sur le terrain, construisent déjà des alternatives.

Le constat est sans appel. Les plans Ecophyto n’ont pas permis de réduire l’usage des pesticides, qui a même augmenté ces dernières années. Dans le même temps, nos agriculteurs sont pris dans un système qui les fragilise : baisse des revenus, dépendance aux intrants, dégradation des sols, pression du changement climatique. Ce modèle n’est plus tenable, ni pour eux, ni pour notre santé, ni pour notre environnement.

Leur usage massif pèse aussi lourdement sur nos finances publiques, notamment à travers le coût croissant de dépollution de l’eau. Pourtant, nous le savons : prévenir coûte bien moins cher que réparer.

Face à cela, des alternatives existent. Elles sont déjà mises en œuvre localement. Des scénarios portés par la recherche publique montrent qu’il est possible de nourrir la population sans recourir aux pesticides de synthèse, en développant une agriculture plus résiliente, territorialisée et durable.

Ce colloque a aussi été l’occasion de rappeler l’urgence politique. Alors que le cadre légal est aujourd’hui fragilisé par certains reculs, il est indispensable d’aller plus loin : interdire les substances les plus dangereuses, protéger durablement nos ressources en eau, accélérer le développement de l’agriculture biologique et agroécologique, et garantir une alimentation saine accessible à toutes et tous.

C’est un combat pour la santé, pour l’environnement, pour la justice sociale et pour l’avenir de notre agriculture. Il est temps de sortir des pesticides de synthèse en accompagnant celles et ceux qui construisent déjà les solutions.

Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la Semaine pour les Alternatives aux Pesticides, plus de 500 événements ont eu lieu dans toute la France. Ils sont autant de témoins d’une prise de conscience collective face aux ravages sanitaires et environnementaux des pesticides.