La précarité dans l’assiette s’aggrave pour les étudiant.es

Aux côtés des bénévoles de l’association Linkee, je me suis rendue Jeudi le 7 mars à une distribution d’aide alimentaire dans le 20e arrondissement de Paris.

Bien que les longues files alimentaires ne font plus là une des médias, rien n’a changé.

Au contraire, l’inflation récente a laissé les étudiant.es une fois encore sur le bas-côté.

La récente étude de l’association Linkee fait état d’un taux de pauvreté qui touche 96% des bénéficiaires de Linkee. L’association joue non seulement le rôle d’apporter des colis équilibrés et variés, mais elle s’assure également que ces produits puissent être de qualités et sauvés du gaspillage alimentaire.

La musique et le sourire des bénévoles tentent tant bien que mal de couvrir la difficulté et la gêne de se rendre dans des distributions alimentaires pour les étudiant.es. Plus de la moitié des étudiant.es interrogé.es par Linkee ont d’ailleurs indiqué n’avoir pas osé se rendre à l’aide alimentaire par honte ou parce qu’ils ne se sentaient pas légitimes à recevoir une aide.

En une seule soirée, 500 paniers repas ont été distribués. Les carences de l’État dans l’accompagnement des structures d’aide alimentaire ont des conséquences dramatiques sur l’autonomie et la survie des étudiant.es.

Cette violence dans l’assiette se cumule avec d’autres formes de freins et de précarités. 

Toujours selon l’étude de Linkee, ils sont ainsi 16% d’étudiant.es à rencontrer des problèmes d’isolation et d’humidité dans leur logement. La santé physique et mentale est également touchée puisque 54% d’entre eux précisent même devoir renoncer à des soins médicaux.  

Nous devons plus que jamais soutenir et encourager la mise en place de dispositifs comme la Sécurité sociale alimentaire qui garantit à chaque individu, indépendamment de ses revenus,  une somme mensuelle d’environ 150 euros pour pouvoir manger dignement . 

À l’heure où l’agriculture conventionnelle fragilise les agriculteurs.ices et maltraite l’environnement, nous devons réinventer un système de la ferme à l’assiette qui puisse non seulement répondre aux enjeux de précarité alimentaire mais aussi apporter un revenu digne à celles et ceux qui nous nourrissent.