Outre-mer : l’égalité n’attend pas !

Lors de l’examen du projet de loi sur les outre-mer au Sénat, j’ai mené la discussion générale. Cette intervention a été nourrie par de nombreux échanges avec la commission outre-mer des Écologistes, dont l’expertise et le vécu ont éclairé des réalités de ces territoires trop souvent invisibilisées.

Disons-le clairement : ce texte n’est pas à la hauteur. Il n’aborde que superficiellement certains enjeux des territoires d’outre-mer, sans jamais répondre aux urgences de nos concitoyens.

Pourtant, les chiffres sont alarmants ! L’alimentation coûte en moyenne 40 % plus cher qu’en métropole. Le chômage atteint des niveaux que nous n’accepterions nulle part ailleurs. À Mayotte, le RSA reste encore aujourd’hui deux fois inférieur à celui versé dans l’Hexagone. 

Comment peut-on parler d’égalité républicaine dans ces conditions ?

Sur l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, l’énergie, le pouvoir d’achat ou l’adaptation au changement climatique, cette loi demeure silencieuse. Elle n’inclut même pas l’égalité sociale avec la métropole comme horizon politique immédiat. Pourtant, c’est bien cette exigence d’égalité réelle qui devrait guider notre action.

Tout aussi préoccupant : le texte ouvre la voie à des dérogations à la loi Littoral pour La Réunion, malgré les alertes répétées des écologistes réunionnais. Dans un territoire reconnu comme l’un des principaux réservoirs mondiaux de biodiversité, une telle remise en cause ne peut être envisagée sans concertation approfondie ni évaluation sérieuse de ses conséquences !

Les outre-mer méritent mieux qu’une loi d’affichage promue par la macronie à bout de souffle. 

Ils méritent une véritable ambition politique : l’égalité réelle, le respect des spécificités territoriales, la justice sociale et écologique, ainsi qu’une plus grande autonomie dans leurs choix d’avenir.