Depuis plusieurs mois, je mène un travail sans précédent sur la construction des prix dans la grande distribution, en tant que rapporteure de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et des distributeurs, commission d’enquête à l’initiative du groupe écologiste au Sénat.
En près de six mois, nous avons auditionné plus de 190 acteurs du secteur : associations de consommateurs, syndicats agricoles, producteurs, industriels, dirigeants de la grande distribution, centrales d’achat, circuits alternatifs, déstockeurs. Toute la chaîne, de la production à la consommation, a été passée au crible.
Nous avons également analysé des milliers de documents et exploité des centaines de questionnaires. La semaine dernière encore, nous étions sur le terrain pour poursuivre nos investigations sur pièce et sur place, comme le permet une commission d’enquête.
Mais ce travail n’est pas simple. Cette commission a suscité de fortes tensions, des inquiétudes et des pressions. Plusieurs industriels ont demandé des auditions à huis clos, craignant des représailles commerciales. D’autres nous ont confié que chacune de leurs prises de parole était surveillée de près par les distributeurs.
Le rapport que nous présenterons le 21 mai met en lumière les mécanismes opaques qui structurent aujourd’hui toute la chaîne agroalimentaire française.
Notre ambition est claire : rendre enfin de la transparence aux consommateurs sur les prix, permettre aux agriculteurs d’être rémunérés dignement et rétablir une répartition plus juste de la valeur et des marges.

