La fast-fashion, pas encore passée de mode au Sénat

Après plus de deux ans de débats, la loi anti-fast fashion a enfin été adoptée au Sénat ce 29 juin. Et le résultat est franchement décevant. On nous promettait une grande avancée écologique, sur l’un des sujets centraux de mon engagement, il en sort une loi qui ménage les principaux acteurs du secteur.

Depuis des années, je me bats contre la fast fashion. Parce qu’elle détruit notre environnement, délocalise la production, exploite les travailleuses et les travailleurs les plus vulnérables, et pousse à toujours plus produire, acheter et jeter

Nous pouvions changer les règles du jeu. Le Parlement à finalement choisi de ne cibler qu’une partie du problème.

Le gouvernement et la droite ont décidé de limiter la loi à l’ultra-fast fashion asiatique (et encore !), en épargnant les grandes enseignes européennes. Pourtant, les chiffres prouvent qu’elles sont responsables en premier lieu. Une étude publiée en avril 2026 par la coalition Stop Fast Fashion et le Réseau national des ressourceries montre qu‘un vêtement inutilisable sur deux qui arrive en ressourcerie provient de H&M, Mango ou Primark. L’ultra-fast fashion, comme Shein, ne représente que 5 % des rebuts.

Le principe du pollueur-payeur est absolument effacé. La seule définition retenue de la fast fashion repose essentiellement sur le nombre de références proposées à la vente et sur l’incitation à la réparation.

Il suffira donc aux marques de pratiquer du greenwashing dans leur communication ou de rester sous le seuil défini de produits pour échapper aux nouvelles règles. Cette loi permet un contournement organisé.

Ce texte portrait de grands espoirs. Il aurait pu imposer une évidence : les entreprises qui inondent le marché de vêtements jetables doivent financer leur recyclage, leur réemploi et le traitement de leurs déchets. Leurs produits, leur responsabilité. 

Le combat n’est donc pas fini : je continuerai à le porter au Sénat et sur le terrain auprès des alternatives textiles durables, et à sensibiliser partout où je le peux à l’urgence de sortir de ce modèle du tout-jetable qui met à mal la planète et les droits humains.