Les responsables de Shein France et du BHV ont été auditionnés par la Commission des affaires économiques du Sénat, donc je suis Vice-Présidente, ce mercredi 21 janvier.
Une occasion pour eux de se dérober de leurs responsabilités à tous les niveaux :
- Écologique d’abord, en affirmant que leur marque est attachée à cet enjeu en étant une plateforme de vente à la demande. Un argument fragile face aux plus de 70% des rivières, des lacs et des réservoirs de Chine pollués du fait de l’industrie textile.
- Économique ensuite, en prétendant que l’installation de la première boutique physique Shein au BHV constitue une réussite commerciale, ce que dément sa faible fréquentation de ces derniers mois.
- Social enfin, lorsque je les interroge sur l’exploitation de populations ouïghoures réduites en esclavage et qu’ils se contentent de renvoyer la responsabilité à leurs sous-traitants.
Cette dissimulation des pratiques de la fast fashion montre à quel point le sujet est sensible. C’est pourquoi il est aujourd’hui essentiel que la puissance publique s’en empare pour le réguler. Nous attendons toujours la Commission mixte paritaire sur la loi Fast fashion. Je rappelle, si besoin est, que cette loi comporte la fixation d’une part du prix du vêtement en fonction de sa qualité environnementale. Elle met également fin à la publicité pour ces produits, y compris via les influenceurs.
Je suis intervenue lors d’une conférence à Sciences Po, le lundi 2 février dernier, consacrée à la fin de la fast fashion. À l’invitation des Jeunes Écologistes Île-de-France et de l’association Sciences Po Fashion Show, nous avons échangé sur la régulation existante, les freins institutionnels et les mécanismes de protection des consommateurs. Une soirée riche en discussions, portée par une génération soucieuse de concilier justice sociale et engagement écologique.



