Les consommateurs payent, ils doivent savoir pourquoi.

Les consommateurs payent toujours plus cher pour se nourrir. Si l’inflation a atteint des niveaux records entre 2021 et 2023, avec plus de 20% d’augmentation des prix alimentaires, elle n’a depuis jamais retrouvé son niveau d’origine. 

Cette hausse continue des prix interroge par l’opacité persistante de la formation des prix par les industriels et la grande distribution. Un manque de transparence actuellement couvert par la loi.

Les consommateurs doivent savoir ce qu’ils et elles payent.

C’est leur parole que j’ai souhaité entendre en premier, le 17 décembre dernier, dans le cadre de notre commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. Les associations de consommateurs ont décrit l’impact économique de cette inflation sur les ménages, en particulier les plus modestes.

Un point saillant s’est dégagé lors de nos échanges : les fruits et légumes figurent parmi les produits alimentaires les plus margés, alors même qu’ils sont le fondement d’une alimentation saine et équilibrée. Cette révélation éclaire le sentiment d’injustice ressenti par de nombreux consommateurs, confrontés à des prix toujours plus élevés sans explication.

Pour cette première table ronde, nous avons entendu :

– Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir,

– François Carlier, délégué général de la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie),

– Nadia Ziane, directrice du service juridique et de la défense des consommateurs de la Fédération nationale Familles Rurales,

– Olivier Dauvers, journaliste spécialiste de la consommation et de la grande distribution.

Le lendemain, la commission a poursuivi ses travaux par une table ronde consacrée aux représentants des filières de producteurs. Tous ont souligné leur faible pouvoir de négociation face aux industriels dans la fixation des marges, et donc des prix. Ils ont également dénoncé une concurrence qu’ils jugent déloyale, notamment liée aux produits importés faiblement taxés, ainsi que des politiques de promotions supportées exclusivement par les producteurs qui ne font que les appauvrir davantage.

Étaient présents :

– Ronan Collet, producteur de tomates et membre du CA de Légumes de France,

– Mickaël Mazenod, arboriculteur et membre du CA de la Fédération nationale des producteurs de fruits,

– Bruno Darnaud, président de la Gouvernance économique fruits et légumes (GEFEL).

Ces premières auditions constituent une avancée majeure pour notre commission d’enquête. Elles apportent des éléments concrets et étayés pour poursuivre nos travaux et interroger l’opacité persistante des prix alimentaires, dans un objectif clair et démocratique : rétablir de la transparence, de l’équité et de la justice économique au bénéfice des consommateurs comme des producteurs.