Le projet de loi de finances (PLF), déposé par le gouvernement Lecornu puis amendé par le Parlement en décembre 2025 n’a pas été adopté en commission mixte paritaire (CMP). Faute d’accord entre l’Assemblée nationale et le Sénat, le gouvernement a choisi de recourir à une loi spéciale. Elle permet à l’État de continuer à fonctionner en prolongeant temporairement le budget 2025 pour quelques semaines.
Mais cette solution d’urgence ne saurait masquer l’essentiel : la France doit se doter d’un budget pour 2026, porteur de choix politiques justes et assumés. Les discussions ont donc repris à partir du texte existant, tel qu’issu des derniers travaux du Sénat.
J’ai découvert lors de la commission d’enquête sur les aides publiques tenue au Sénat en 2025, que le premier budget de l’État était l’aide aux grandes entreprises. La politique de l’offre doit être remise en cause pour alléger le budget de l’État.
Le budget voté par la majorité sénatoriale pose un problème de fond. Derrière l’argument de la rigueur budgétaire, ce sont des choix économiquement absurdes qui ont été opérés. J’ai dénoncé au perchoir la décision particulièrement préoccupante de supprimer l’ensemble des crédits consacrés à l’Économie sociale et solidaire (ESS).
Ce secteur clé de notre économie française représente pourtant des milliers d’associations, de coopératives, de mutuelles et d’entreprises engagées, qui créent de l’emploi local, soutiennent les plus fragiles, innovent dans la transition écologique et renforcent la cohésion sociale sur nos territoires.
Supprimer ces crédits, c’est abandonner des acteurs essentiels du quotidien de millions de Françaises et de Français.
Ce budget fait donc peser l’effort principalement sur celles et ceux qui agissent pour l’intérêt général, tout en épargnant d’autres leviers pourtant disponibles. Rien ne peut justifier une orientation budgétaire allant à l’encontre de la justice sociale, de la solidarité et de l’investissement dans l’avenir.
C’est le sens de mon engagement : refuser que l’austérité budgétaire serve de prétexte à l’abandon des plus vulnérables, et continuer à défendre une vision du budget comme un outil de justice et de progrès.
L’Assemblée nationale a repris le débat budgétaire depuis le 8 janvier. Un texte dont l’issue est aujourd’hui encore incertaine.

