Le Rassemblement national constitue désormais un groupe au Sénat. C’est sans doute le résultat le plus affolant des élections sénatoriales du 27 septembre dernier. Quinze sénateurs et sénatrices RN et UDR sont réunis sous l’étiquette « Union nationale pour les territoires », c’est une nouvelle étape de leur implantation institutionnelle et une percée historique de l’extrême droite au Palais du Luxembourg.
Pour la première fois, le RN dispose au Sénat de moyens d’action : du temps de parole, une question d’actualité au Gouvernement chaque semaine, un droit de tirage annuel pour obtenir une commission d’enquête…
Cette entrée du RN au Sénat marque aussi une étape supplémentaire dans l’enterrement du barrage républicain. Certains membres des Républicains, bien mal-nommés nous en convenons, assument déjà leur envie de travailler avec ces élu·es. Et quoi de plus naturel, quand on sait que cinq sénateur·ices de ce nouveau groupe sont d’anciens Républicains !
La porosité idéologique et empirique entre une partie de la droite et l’extrême droite n’est plus une hypothèse : elle prend forme devant nos yeux.
C’est pourquoi il nous faut le rappeler : le RN n’est pas un parti comme les autres. Son ADN est d’extrême droite, raciste et antisémite, ses fondateurs étant issus de la collaboration et des Waffen-SS.
L’enquête de Mediapart sur les écrits antisémites de son président Jordan Bardella prouve que le parti n’a pas changé. Ces messages violemment antisémites et complotistes sont absolument écoeurants et devraient suffire à le discréditer de la vie publique et politique à long terme. Ils font malheureusement écho au « détail de l’histoire » du créateur du FN.
La violence des attaques lancées depuis par le RN contre Médiapart est aussi très préoccupante, car s’attaquer à la presse indépendante, c’est s’attaquer à un contre-pouvoir vital à notre démocratie.
J’apporte tout mon soutien à Médiapart.
Voilà, nous sommes désormais témoins des conséquences de la banalisation du RN. Après s’être employée à lisser son image, l’extrême droite s’en prend maintenant aux piliers démocratiques. Donner du pouvoir à l’extrême droite, normaliser ses idées, accepter qu’elle devienne une force politique comme les autres est donc lourd de conséquences.
On ne dédiabolise pas le RN, on le condamne pour ce qu’il est : un parti raciste et fasciste.
Face à la progression de son arrivée au pouvoir, il n’y a pas de résignation possible. Il faut défendre nos contre-pouvoirs, combattre le racisme et l’antisémitisme, refuser toutes les compromissions et construire une alternative capable de rassembler le camp progressiste.

